Taux d’homicide en Europe : la France neuvième sur 36 pays
De 2022 à 2024, la police et la gendarmerie ont enregistré 1,26 homicide pour 100 000 habitants par an en France, le 9e taux de 36 pays européens. La Lituanie est en tête, la Suisse ferme la marche.
Points : Liechtenstein et Malte, trop petits pour la carte. Contour noir : France.
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<p>Source : <a href="https://rankcomet.com/fr/taux-homicide/">Rankcomet</a>, CC BY 4.0</p>
La police et la gendarmerie françaises ont enregistré 2 590 homicides volontaires de 2022 à 2024, soit 1,26 pour 100 000 habitants par an. La France se classe 9e sur 36 pays européens, d’après les chiffres qu’Eurostat publie pour chaque pays. La Lituanie est en tête (2,42), la Suisse ferme la marche (0,53).
Devant l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie
Les grands voisins de la France ont des taux plus bas : 0,79 en Allemagne (23e), 0,70 en Espagne (30e), 0,56 en Italie (35e). La Belgique est 5e, à égalité avec la Finlande (1,48).
Le haut du classement revient aux pays baltes et à l’Albanie : 2,42 en Lituanie, 2,30 en Lettonie, 1,51 en Albanie, 1,50 en Estonie.
Le ministère de l’Intérieur en compte davantage
Le service statistique du ministère de l’Intérieur (SSMSI) recense 976 victimes d’homicide en 2024 et 996 en 2023. Son total comprend les coups mortels, ces violences volontaires qui ont entraîné la mort sans intention de la donner : 10 % des victimes de 2024. Le chiffre français transmis à Eurostat, 882 en 2024, correspond aux 90 % restants.
Avec le décompte du SSMSI, le taux français sur 2022-2024 monte à 1,43 et la France passe au 7e rang.
Les certificats de décès placent la France au milieu
Une autre source compte les morts par agression d’après les certificats de décès, codés en France par le CépiDc de l’Inserm. Sur 2021-2023, elle donne 0,79 décès pour 100 000 habitants par an en France, contre 1,20 homicide d’après la police sur les mêmes années. La France recule du 7e au 12e rang sur 31 pays, à égalité avec l’Islande.
Chiffres de police moins certificats de décès, 2021-2023
Belgique0,68
Lituanie0,59
France0,41
Finlande0,38
Irlande0,38
Slovaquie0,37
Allemagne0,36
Bulgarie0,26
Malte0,26
Autriche0,26
Danemark0,22
Islande0,18
Pologne0,18
Italie0,13
Croatie0,10
Suisse0,09
Pays-Bas0,08
Suède0,05
Espagne0,04
Grèce0,03
Norvège0,03
Tchéquie0,01
Serbie0,00
Hongrie0,00
Chypre−0,01
Portugal−0,15
Slovénie−0,19
Estonie−0,28
Roumanie−0,37
Luxembourg−0,40
Lettonie−0,88
Homicides enregistrés par la police pour 100 000 habitants par an, moins décès par agression pour 100 000 habitants d’après les certificats de décès. Au-dessus de zéro, la police en compte plus. En noir, la France. Source : Eurostat, infractions enregistrées par la police et causes de décès
L’écart est plus grand en Belgique, 3e d’après la police et 14e d’après les certificats de décès, ou en Allemagne, qui passe du 19e au 30e rang. Il va dans l’autre sens en Roumanie (13e puis 4e) et au Luxembourg (15e puis 5e). Sur les 31 pays, les deux classements restent proches, avec une corrélation de rang de 0,77.
Pourquoi trois années
Dans un petit pays, quelques affaires font varier le taux d’une année à l’autre. Malte a enregistré 8 homicides en 2022, 2 en 2023 et 5 en 2024. Le Liechtenstein, 40 000 habitants environ, n’en a compté qu’un en trois ans : sur la seule année 2024, il serait 2e, derrière la Lituanie.
L’essentiel en chiffres
homicide pour 100 000 habitants par an en France, 9e sur 36
1,26
homicides enregistrés en France de 2022 à 2024
2 590
victimes en 2024 selon le SSMSI, coups mortels compris
976
rang de la France d’après les certificats de décès
12e
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Comment nous avons calculé
Périmètre : les pays de notre périmètre européen (les États membres du Conseil de l’Europe que la norme statistique M49 de l’ONU place en Europe, plus Chypre) pour lesquels Eurostat publie des chiffres de police pour 2022, 2023 et 2024 : les 27 pays de l’Union européenne, l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège, la Suisse, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, la Macédoine du Nord et la Serbie. Le Royaume-Uni, l’Ukraine, la Moldavie, Andorre, Monaco et Saint-Marin n’en ont pas. Source : Eurostat, jeu de données crim_off_cat, homicides volontaires enregistrés par la police (catégorie 0101 de la classification ICCS), mis à jour le 29 avril 2026, et population au 1er janvier du jeu demo_gind, mis à jour le 30 septembre 2026, tous deux téléchargés le 27 octobre 2026. Le taux additionne les homicides des trois années et les divise par la somme des trois populations, pour 100 000 habitants. Nous le calculons de la même façon pour tous les pays, y compris l’Albanie en 2024 et la Bosnie-Herzégovine, pour lesquelles Eurostat publie un nombre mais pas de taux. Nos taux annuels s’écartent de ceux d’Eurostat de 0,07 au plus, parce qu’Eurostat a depuis révisé certaines populations (Bulgarie, Portugal). Les pays qui ont le même taux à deux décimales partagent un rang. Certificats de décès : jeu Eurostat hlth_cd_acdr2, décès par agression (codes X85 à Y09 et Y87.1 de la CIM-10), taux brut pour 100 000 habitants, moyenne de 2021, 2022 et 2023, mis à jour le 8 juin 2026. Le graphique retranche ce taux du taux de police sur les mêmes trois années, pour les 31 pays qui ont les deux (le Liechtenstein n’a pas de chiffre de police pour 2021 ; l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et la Macédoine du Nord n’ont pas de certificats de décès chez Eurostat). Contrôles : les nombres d’Eurostat sont identiques à ceux du Brå suédois (121 en 2023, 92 en 2024) et proches à 3 % près de ceux de l’Istat italien (334 et 327 victimes). Le nombre français correspond aux homicides intentionnels du service statistique du ministère de l’Intérieur (SSMSI), 90 % de ses 976 victimes de 2024 ; les 10 % restants sont morts de violences volontaires sans intention de tuer, que le chiffre français transmis à Eurostat ne compte pas. Le CSV ajoute les nombres annuels et le taux tiré des certificats de décès.
Les jeunes Français quittent le domicile parental à 23,8 ans en moyenne, 2,5 ans avant la moyenne de l’Union européenne. Ils se classent 24e sur 31 pays européens, loin des Croates (31,5 ans).
Au 31 janvier 2025, les prisons françaises comptaient 130,8 détenus pour 100 places, la 2e densité de 41 pays européens derrière la Slovénie (134,0 %). Un an plus tard, le ministère de la Justice en compte 136,9.
En France, on vit en moyenne 24,3 ans après avoir quitté le travail : 22,5 ans pour les hommes, 26,1 pour les femmes. La France se classe 2e des 38 pays de l’OCDE derrière le Luxembourg (24,6 ans), et 3e avec les tables de mortalité d’Eurostat.