Un Français quitte le marché du travail à 61,9 ans en moyenne, une Française à 62,4 ans. Il leur reste ensuite 22,5 et 26,1 années à vivre, soit 24,3 ans en moyenne, la 2e durée des 38 pays de l’OCDE derrière le Luxembourg (24,6 ans). La Slovénie suit avec 23,9 ans. Le Mexique ferme le classement avec 16,5 ans, et la moyenne de l’OCDE est de 20,7 ans.
Le chiffre vient de l’OCDE. Il mesure l’espérance de vie à l’âge où l’on cesse réellement de travailler, qui n’est pas toujours l’âge légal de départ à la retraite. Nous classons les pays sur la moyenne des chiffres des hommes et des femmes en 2024, la dernière année publiée.
Deuxième ou troisième selon la table de mortalité
La France est 2e chez les hommes et 3e chez les femmes, derrière le Costa Rica (26,6 ans) et la Slovénie (26,4 ans). Sur la moyenne, son avance sur la Slovénie n’est que de 0,4 an, et elle dépend de la table de mortalité utilisée.
Le chiffre de l’OCDE assemble deux estimations : l’âge de sortie du travail et l’espérance de vie à cet âge. Nous avons gardé les âges de sortie de l’OCDE et lu l’espérance de vie dans les tables de mortalité 2024 d’Eurostat. Avec ces tables, la Slovénie monte à 24,3 ans et la France descend à 24,1 ans : les deux pays échangent leur place. Le Luxembourg reste premier avec 25,2 ans. Dans les deux cas, la France est sur le podium.
Dix ans de départs plus tardifs
Les Français quittent le travail plus tard qu’il y a dix ans. En 2014, les hommes sortaient du marché du travail à 58,8 ans en moyenne et les femmes à 59,5 ans. En 2024, c’est 61,9 et 62,4 ans.
Moyenne des hommes et des femmes. En noir, 2024, l’année du classement. Source : OCDE, base de données du Panorama des pensions
La baisse n’a rien de régulier : 24,1 ans en 2021 et en 2022, puis 24,7 en 2023.
Sur la même période, les années à vivre après le travail sont passées de 24,0 à 22,5 pour les hommes, et de 28,2 à 26,1 pour les femmes. Parmi les voisins de la France, seul le Luxembourg fait mieux. L’Espagne et la Belgique sont à 23,5 ans, l’Allemagne à 20,7 ans.
Partir tôt compte plus que vivre vieux
Le Luxembourg doit sa première place à des départs précoces. Les hommes y quittent le travail à 60,1 ans, le plus tôt des 38 pays. Chez les femmes, ce sont les Slovènes qui partent le plus tôt, à 59,5 ans.
Le Japon montre l’inverse. Un Japonais qui cesse de travailler peut espérer vivre jusqu’à 85,5 ans, un an de plus qu’un Français (84,4 ans). Mais il quitte le travail à 66,9 ans, cinq ans après le Français moyen, et il ne lui reste que 18,6 ans, contre 22,5. Le Japon est 17e, à égalité avec l’Allemagne.
Les femmes ont quatre ans de plus
Dans les 38 pays, les femmes vivent plus longtemps que les hommes après le travail : 22,8 ans contre 18,6 en moyenne dans l’OCDE. Elles vivent plus vieilles, et dans 29 pays sur 38 elles quittent aussi le travail plus tôt. La France fait partie des exceptions : les Françaises partent six mois après les hommes.
L’écart le plus grand se trouve en Colombie, 7,9 ans : les Colombiennes quittent le travail six ans avant les hommes (61,2 ans contre 67,4). Le plus faible est en Nouvelle-Zélande, 2,1 ans. En France, il est de 3,6 ans.