Au 31 janvier 2025, les prisons françaises comptaient 81 599 détenus pour 62 363 places, soit une densité de 130,8 %. C’est la 2e densité des 41 pays européens classés, derrière la Slovénie (134,0 %) et devant la Croatie (122,5 %) et l’Italie (120,7 %). Dans 14 de ces pays, les prisons accueillent plus de détenus qu’elles n’ont de places.
Les chiffres viennent de SPACE I, les statistiques pénales que l’Université de Lausanne établit chaque année pour le Conseil de l’Europe. Pour chaque pays, nous avons divisé le nombre de détenus, prévenus compris, par la capacité officielle de ses prisons.
21 508 détenus de trop
Le ministère de la Justice publie les mêmes chiffres pour le 1er février 2025. Ce jour-là, 21 508 personnes étaient détenues en surnombre et 4 490 dormaient sur un matelas posé au sol.
La surpopulation se concentre dans les maisons d’arrêt, qui reçoivent les prévenus et les courtes peines : leur densité atteignait 158,9 %. Seuls 37,1 % des détenus avaient une cellule pour eux seuls.
Dix ans de hausse
En février 2015, la France comptait 66 310 détenus pour 57 844 places, une densité de 114,6 %. En dix ans, le parc a gagné 5 445 places et la population carcérale 20 335 personnes.
Détenus pour 100 places opérationnelles, au 1er février de chaque année. En noir, 2025, la date du classement. Source : ministère de la Justice, mesure mensuelle de l’incarcération
Seule l’année 2021 fait exception : 63 802 détenus au 1er février, 7 664 de moins qu’un an plus tôt.
Au 1er février 2026, le ministère compte 86 645 détenus pour 63 289 places, soit 136,9 %. Les chiffres européens de janvier 2026 ne sont pas encore publiés.
La Slovénie débordée par les passages de frontière
La Slovénie n’a que 1 346 places de prison pour tout le pays. En 2024, ses prisons ont accueilli 1 820 personnes en moyenne, 20,5 % de plus qu’en 2023, selon son administration pénitentiaire. Le nombre moyen de prévenus est passé de 468 à 701.
L’administration attribue cette hausse surtout aux poursuites pour franchissement illégal de la frontière.
Avec ses seules places disponibles, l’Italie passerait devant la France
La capacité officielle de l’Italie, 51 300 places, compte 9 m² pour un détenu seul et 5 m² par personne en plus. Le rapport précise que 4 818 de ces places étaient indisponibles au 31 janvier 2025. Sans elles, la densité italienne monterait à 133,2 %, au-dessus de celle de la France.
Chaque pays fixe ses propres règles de capacité, si bien qu’une densité de 100 % ne correspond pas partout au même espace. Le classement compare le remplissage des prisons de chaque pays selon ses propres normes.
Les prisons qui ont encore de la place
L’Allemagne est à 80,2 % et l’Espagne à 77,2 %. Le Royaume-Uni, qui compte le plus de détenus des 41 pays (95 588), est à 96,9 %.
L’Ukraine est à 50,3 %. Au 1er janvier 2025, plus de 6 500 détenus ukrainiens avaient obtenu une libération conditionnelle pour rejoindre la Garde nationale, en vertu d’une loi de mai 2024.